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Des News sur les dessinateurs de presses, les parutions...

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La France se tâte - par Wolinski - 2008

la_france_se_tate_wolinski Présentation de D. Ollivier pour BD Gest :

Georges Wolinski fait partie de ces incontournables dans le milieu des dessinateurs de presse. De l'Humanité à Libération en passant par le Nouvel Observateur, l'Echo des Savanes ou encore Charlie Hebdo, les supports ayant accueilli ses dessins sont nombreux et variés.

La France se tâte est son dernier recueil en date regroupant ses récentes contributions dans les quotidiens et magazines. Cet ouvrage, organisé de manière chronologique, est l'occasion de se replonger dans l'actualité depuis l'élection présidentielle de 2007 avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Cette première année de son mandat fut très riche en évènements pour des auteurs tels que Wolinski qui a ainsi pu mettre en images l'épisode de l'arrivée de Carla Bruni, la morosité ambiante des français ou encore la gauche inexistante. Ses dessins sont conformes à son style : irrévérencieux, parfois cru, mais toujours juste dans l'analyse des faits décrits, le président étant une cible de choix.

La France se tâte est un album à l'humour corrosif s'adressant principalement aux amateurs des dessins de presse.

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Wolinski ne pense qu'à ça ! - Documentaire France 5 - 2008

Depuis un demi-siècle, il croque à belles dents ses contemporains et son temps. Prix de la Ville d'Angoulême en 2005, auteur d'une centaine d'albums, le dessinateur se dévoile dans un croustillant portrait auquel sont conviés une poignée de frères ès humour, de Philippe Val à Cavanna.

1463_wolinski1_155_article_magazine_1 Ce qu'on retient des dessins de Wolinski ? Des "petites bonnes femmes qui courent toutes nues". Des sexes virils, pudiquement cachés, qui pointent vers le ciel. Une audace et une liberté de ton qui tranchent dans le vif.

"Il a le trait volubile", observe, l'oeil malin, son mentor Cavanna. "Graphiquement, ses dessins sont fluides : en deux-trois coups de crayon, il donne une âme à ses personnages", note admiratif le jeune Charb. Ce serait même à en croire Cabu, autre de ses confrères à Charlie Hebdo, "le meilleur dialoguiste de la presse française".

Né à Tunis en 1934, Georges Wolinski découvre sa vocation de dessinateur au beau milieu du désert algérien, où il fait son service militaire à la fin des années 50.

Un coup de foudre immédiat pour une équipe de trublions va sceller son destin. Oeuvrant dans les colonnes d'un nouveau journal, Hara-Kiri, ces joyeux drilles ont pour nom Cavanna, le professeur Choron, Gébé, Cabu, Reiser : "J'ai tout de suite compris que c'étaient des gens comme moi."

Wolinski frappe à la porte du mensuel. Il est engagé. Il lui faudra pourtant quelques années avant de trouver son style et de s'y épanouir : "A mes débuts, explique-t-il, j'étais très influencé par les dessinateurs américains de l'underground. Par Dubout aussi. C’est peu à peu que j’ai épuré."

1463_wolinski2_155_article_magazine_2 Vouant une reconnaissance sans faille à Cavanna, qui lui a "laissé le temps", c'est à la découverte du stylo-feutre qu'il doit d'avoir trouvé sa route. Après s'être appliqué à la plume pendant des années sur les ombres et les plis, le feutre qu'il empoigne un beau jour va libérer son dessin. Et débrider, du même coup, cet humour, égrillard et coquin, qui ne le quittera plus.
Distillant ses saillies dans les pages des journaux, de Charlie Hebdo à L'Humanité, de Paris Match au Journal du dimanche, Wolinski n'a de cesse de faire son miel de l'air du temps, des petits riens du quotidien autant que des tragédies et des injustices.

Face à ceux qu'exaspère sa misogynie, il clame son innocence : "On est peut-être des phallocrates à Charlie, mais qu'est-ce qu'on aime les femmes ! Et puis il y a une sorte de malhonnêteté de leur part tout de même : elles font tout pour nous inspirer le désir et, dans le même temps, elles nous reprochent d'être provocants avec elles !"

Aux dogmatiques qui, pointant ses cigares et son appartement dans le VIe arrondissement, déplorent l'embourgeoisement de ses planches, il répond que "l’époque et la société ont changé. Ce qui choquait ou provoquait il y a vingt ou trente ans, maintenant les gens s'en foutent complètement !"

Une génération d'artistes engagés

Portrait d'un artiste, le film de Véronique Jacquinet est aussi l'occasion d'un coup d'oeil amusé dans le rétroviseur. Gros plan donc sur les grands mouvements d'émancipation des années 60 et 70, nourris à coup d'extraits de films, de spots publicitaires, de planches animées et d'interviews en noir et blanc.

1463_wolinski4_155_article_magazine_3 L'occasion de découvrir quelques perles, comme la lettre de Pierre Desproges "au Pape et à Dieu". Et de constater que, malgré les années, Wolinski et ses compagnons de route, qui n’ont pas démérité, sont toujours en verve.
Toujours de gauche aussi. "Sympathisant communiste, tendance anar", le président d'honneur de l'association franco-cubaine Cuba Si France réserve pourtant désormais ses indignations à la seule défense de la liberté : "La justice, je n'y crois pas. S'il y avait une justice, tout le monde aurait une bite de la même longueur… "

Article de Christine Guillemeau extrait de France5.fr


Première diffusion : jeudi 1er mai 2008 à 20:40

Durée : 52'
Auteurs : Jean-Philippe Camborde et Véronique Jacquinet
Réalisation : Véronique Jacquinet
Production : France 5 / O'Productions/ INA
Année : 2008

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Portrait de Wolinski - sur VSD.fr - par Laurence Durieu - 22 avril 2008

G

Ses impérissables dessins côtoient ceux de ses camarades Cavanna, Siné, Cabu et Gébé dans Mai 68 (éd. Michel Lafon). À l’époque, Georges Wolinski avait 34 ans, et il lance aujourd’hui: « On a fait 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus…» Inspiré par la vie, la politique et la fesse, mais aussi par la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics, l’amateur de havanes signe un album réjouissant, Défense de fumer ! (Le Cherche-Midi). On y retrouve toute la fantaisie de ce pessimiste joyeux, droit et drôlement élégant.

NAISSANCE le 28 juin 1934, à Tunis. Ziegfried, son père, est assassiné lorsque Georges a 2 ans. Juif polonais à la tête d’une entreprise de ferronnerie d’art, il renvoie une partie du personnel au moment du bouleversement des lois sociales de 1936. L’un des licenciés l’abat dans son bureau, d’un coup de revolver. Georges a conservé un dessin à l’encre de Chine réalisé par son père, représentant un juif errant.

PREMIER SOUVENIR. Quelqu’un de la famille lui rapporte d’Autriche une culotte en peau. Il la met à l’école, les élèves se moquent de lui.

GI. À Tunis, le QG des GI fait face à la pâtisserie des parents de sa mère, Lola, une juive d’Italie. Les enfants leur demandent du chocolat, et Georges des comics, dont Terry and the pirates.

LIRE. Sa famille de commerçants est aussi intello. Il est mauvais élève, mais il dévore la bibliothèque familiale : Jules Verne, Dickens, Kipling, Marc Twain, Edgar Poe, James Joyce, Marcel Aymé… Et les dessins de Daumier. Une de ses premières parutions dans Hara-Kiri est une illustration de La Légende des siècles, de Victor Hugo.

ATHÉE. Son grand-père organise sa bar-mitsva. Il en garde un bon souvenir grâce aux cadeaux reçus. Il aime bien la gaieté des fêtes religieuses en famille, mais il ne croit en rien. Il rentre aujourd’hui d’un voyage en Inde, où il s’est senti étouffé par les castes religieuses et le mysticisme de la réincarnation, omniprésent. « La clé de l’humour, c’est dire la vérité. Je suis seul et j’ai peur… Je vais crever. Et le plus terrifiant, c’est qu’il n’y a rien derrière. »

ALPES. Sa mère, tuberculeuse, part se soigner en France, à Briançon. Elle revient trois ans plus tard, remariée à l’intendant du sanatorium et convertie au catholicisme. « Mon beau-père, Paul, portait le béret, il était très français et très gentil. » À 12 ans, Georges les rejoint. La France, les montagnes, un lycée mixte… Le rêve.

PREMIER BAISER avec Renée, au lycée de Briançon, « une trouille extraordinaire ». Il aime la regarder sur son vélo, elle fait tomber sa jupe à l’arrière et s’assied directement sur la selle… « J’ai été dépucelé dans les bras d’une jeune malade au sanatorium. Elle riait chaque fois que je passais devant sa chambre. J’avais beau avoir lu, vu des dessins, je ne savais pas ce qu’il fallait bouger. »

FAMILLE. Il veut devenir architecte mais, après deux ans aux Beaux-Arts, il travaille pour la bonneterie des beaux-parents. Georges se marie avec Kean, rencontrée au lycée en 1958. Huit ans plus tard, elle se tue dans un accident de voiture, sur la route des vacances, vers Juan-les-Pins. Ils ont deux filles, Frédérica et Natacha. Georges aura une troisième fille, Elsa, avec sa seconde épouse, Maryse.

DÉSERT. Pendant son service militaire dans l’Algérie en guerre, il repère dans un journal une affiche publicitaire pour Hara-Kiri, signée Roland Topor : un poing dans la figure. En 1960, lors d’une permission, il propose ses dessins à Cavanna, qui les prend sur-le-champ. À son retour, en 1961, il entre dans la famille du « mensuel bête et méchant » qui cédera la place à Charlie (1969), puis Charlie Hebdo (1970).

MAI 68. Action, le journal des comités d’action de l’Union des étudiants communistes, lui commande un dessin politique. Alors que Georges dit ne rien y connaître, Siné le traite calmement de connard. Il se met à lire Le Monde. Il saute sur son Solex et, de Saint-Mandé (94), rejoint les manifs. Celle des Champs-Élysées le réjouit : les manifestants descendent toute l’avenue devant des CRS surpris et dépassés. Il fonde L’Enragé avec Siné. Après un dessin au second degré sur le PC, il reçoit un coup de fil d’un membre du parti, furieux. Mais, dès 1977, L’Huma publiera du Wolinski en une.

CULTE. À 11 ans, il achète son premier livre, des dessins d’Albert Dubout. Grand fan, pour l’organisation du centenaire de sa naissance, en 2005, il sollicite Jacques Chirac, rencontré en vacances à la Réunion. Puis il reçoit une lettre de la présidence qui veut lui remettre la Légion d’honneur. Chirac, qui l’appelle « le maître », dit : « Dubout ne l’a pas eue, je vais la donner à Wolinski. »

TACLE. Sur son plateau, Laurent Ruquier déclare : « Moi, Wolinski ne me fait pas rire. » Qui lui balance : « Je suis un grand admirateur de Dubout car il arrivait à faire rire même les cons, ce que je n’arrive pas à faire. » Ruquier se marre.

Cet article de Laurence Durieu est extrait de VSD.fr

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